• La fierté d’être marocain
La fierté d’être marocain

«A l’instant où le nouveau Président Macron et la génération qui l’accompagne font souffler sur la France un vent de fraîcheur et d’espoirs, on est impatients de découvrir la première photo entre Sa Majesté le Roi Mohammed VI et Emmanuel Macron. Au delà du poids de l’image, le message sera très puissant pour l’Europe et l’Afrique.»

Ainsi avions-nous conclu notre dernier édito (Clin d’Oeil # 46). Dire que nos vœux ont été exhaussés au-delà de nos espérances est un euphémisme. A tel point que nous avons utilisé ce cliché historique pour faire la couverture de ce numéro.

En posant les pieds sur le sol marocain avant l’Algérie, en visitant sa Majesté le Roi Mohammed VI, une poignée de semaines seulement après son élection, Emmanuel Macron, qui incarne un nouveau monde politique, a montré que, s’il y avait une survivance du passé à sauver, c’était vraiment la relation unique d’amitié, de confiance, d’amour qui unit la France au Maroc. Et qu’il pouvait avec fierté mettre ses pas dans ceux de François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Pragmatique, Emmanuel Macron a sans doute également compris très vite que le Maroc et Sa Majesté le Roi Mohammed VI représentaient la meilleure clef pour nourrir des ambitions économiques en Afrique. Partenaire commercial historique de l’Europe comme de l’Afrique, le Maroc bénéficie d’une place de choix dans les échanges mondialisés. Et récolte les fruits de la grande politique  menée par Sa Majesté en Afrique. Depuis cinq ans, le Maroc a mis en place des ponts diplomatiques et économiques avec les pays voisins du Maghreb et ceux de la zone subsaharienne. Et ça paye.

En football, aussi, les passerelles fonctionnent. Né à Pontoise, formé à Nantes, Amine Harit a choisi de jouer pour le Maroc alors qu'il avait été sacré champion d’Europe avec l’Équipe de France, en moins de 19 ans. «Je suis très fier de porter les couleurs de ma famille» a confié ce grand espoir. Et si l’avenir permettra de qualifier la portée sportive de pareille décision, la symbolique est trop forte pour ne pas être analysée.

Elle prouve l’attrait du Maroc, l’envie de Maroc qu’il faut lire dans la volonté de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de véhiculer une image de stabilité, de fraternité, de modernité sans oublier la valorisation des traditions dont leur respect est un socle. Elle atteste du remarquable labeur de Fouzi Lekjaa depuis son accession à tête de la Fédération Royale Marocaine de football, en 2014.

Et elle valide les immenses qualités du sélectionneur national Hervé Renard dont il faudra dresser le bilan non pas à l’aune de la seule qualification au Mondial - exploit historique dont tout le Royaume rêve - mais à la lumière du merveilleux travail de fondation, de reconstruction d’un football qui s’était perdu à trop regarder son passé. Ce serait dommage d’oublier son avenir. Surtout après l’inoubliable victoire sur le Mali (6-0) qui a donné le sourire à tout un peuple. Celui de la fierté d’être marocain.